Chaque semaine du Black History Month, je lis un livre écrit par un·e auteur·ice noir·e ou afrodescendant·e originaire d’un pays dont je ne connais pas encore — ou peu — la littérature.
Tu peux retrouver la chronique de la première semaine ici.
Cette deuxième semaine est consacrée au Zimbabwe !
J’ai lu Ce corps à pleurer (This Mournable Body) de Tsitsi Dangarembga, publié en 2018.
Tsitsi Dangarembga est une romancière, cinéaste et dramaturge zimbabwéenne, née en 1959. En 2021, elle reçoit le Prix PEN Pinter Prize et le prestigieux prix Peace Prize of the German Book Trade, première femme noire lauréate de ce prix.
Le roman Ce corps à pleurer est le dernier d’une trilogie commencée en 1998 avec Nervous Condition (À fleur de peau). Celui-ci est d’ailleurs le premier livre écrit par une femme noire du Zimbabwe à être publié en anglais. Pour information, j’ignorais qu’il s’agissait d’une trilogie et cela ne m’a pas du tout gênée dans ma lecture.
Ce corps à pleurer raconte l’histoire de Tambudzai Sigauke, une jeune diplômée zimbabwéenne, qui voit ses rêves d’ascension sociale s’effondrer après avoir quitté son emploi dans une agence de publicité. Au chômage, elle trouve refuge dans une auberge de jeunesse délabrée du centre-ville de Harare, capitale du Zimbabwe. Chaque tentative de refaire sa vie la confronte à une nouvelle humiliation, jusqu’à ce que le douloureux contraste entre la vie rêvée et la réalité quotidienne l’amène à un point de rupture.
Mon avis
Ce roman m’a captivée et a réveillé en moi des sentiments contradictoires. La protagoniste Tambudzai est en effet une anti-héroïne. Son anxiété grandissante pour sortir de la pauvreté et réussir dans la vie la pousse à avoir des comportements très questionnables. Elle a également intériorisé des pensées misogynes et coloniales. J’ai ainsi été à plusieurs reprises contre ce personnage, au point de lui souhaiter une issue négative. Toutefois, il m’a été impossible de la détester complètement. On ne peut rester de marbre face à cette femme en détresse, avec une santé mentale très fragile. Le roman nous montre en outre clairement qu’elle est une victime d’une société post-coloniale et patriarcale, qui l’a amenée à développer une haine d’elle-même très profonde.
Les thématiques du livre sont donc particulièrement intéressantes mais aussi très tristes. D’autant plus que plusieurs membres de la famille de Tambudzai ont combattu pendant la guerre d’indépendance et en ont gardé des séquelles. J’étais honteusement très peu renseignée sur l’histoire du Zimbabwe et ce roman m’a motivée à faire des recherches.
La narration est à la 2ème personne du singulier (« tu »). Je sais que ce n’est pas au goût de tout le monde mais personnellement, je m’y suis habituée rapidement. Je trouve que ce procédé fonctionne bien car il nous « force » à être dans la tête du personnage et à ressentir cette dualité, dont je parlais plus haut.
Avez-vous d’autres livres zimbabwéens à me recommander ?


Une réponse à “Black History Month – Je sors de ma zone de confort : Ce corps à pleurer de Tsitsi Dangarembga”
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