Aujourd’hui, je suis très contente de vous parler du roman guyanais Un zakari et une danse publié en 2023 et réédité cette année. Il s’agit du premier roman de l’artiste Saïna Manotte.
Chanteuse et compositrice, Saïna Manotte s’illustre depuis une dizaine d’années dans le milieu de la musique, en mêlant rythmes traditionnels modernisés, zouk, R’n’B et variété française. Dans ses chansons, elle parle d’identité guyanaise, de résilience et, bien sûr, d’amour !
Un zakari et une danse raconte l’histoire de Nini, une enfant née dans les années 1940 et élevée par ses grands-parents à Sinnamary. À 13 ans, elle est contrainte de quitter sa bourgade natale pour gagner Cayenne et apprivoiser sa nouvelle vie, malgré une malédiction familiale qui plane sur les femmes de sa famille.
J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai trouvé très doux et bien ficelé ! Il n’est pas évident d’écrire un roman du point de vue d’un enfant, et pour le coup, c’est un pari gagné. J’ai ressenti la douceur de l’enfance dans ce récit, à travers les danses de Nini, les friandises (le zakari en est d’ailleurs une !), les bêtises avec les copains et la tendresse des grands-parents.
La narration (on alterne les points de vue du narrateur et de Nini à la première personne) est très fluide, bien qu’on passe d’une période à l’autre de la vie de Nini. Je me suis attachée à ce personnage principal que j’ai vu évoluer. Les proches de Nini, qui sont des personnages secondaires, ont tous une personnalité bien marquée. J’ai en particulier apprécié le personnage haut en couleur d’Albert, que j’ai trouvé très drôle.
Ce qui fait selon moi la singularité de ce roman, ce sont ses trois niveaux de lecture. C’est à la fois l’histoire de Nini, celle de sa famille et celle de la Guyane des années 50 et 60. La vie de Nini est en effet au croisement de ces deux autres « grandes » histoires. Cela m’a par exemple permis de découvrir un événement historique glaçant de la Guyane que j’ignorais (je ne vous en dis pas plus !).
Le récit est en outre empreint de croyances et de mythes créoles. C’est une autre dimension de la Guyane que j’ai aimé découvrir. Enfin, il y a évidemment une belle histoire d’amour, qui devra malheureusement affronter le colorisme, bien ancré dans la société, pour voir le jour.
Merci à l’autrice Saïna Manotte de m’avoir envoyé son livre ! Cela a été un réel plaisir de le lire.

