Chaque semaine du Black History Month, je lis un livre écrit par un·e auteur·ice noir·e ou afrodescendant·e originaire d’un pays dont je ne connais pas encore — ou peu — la littérature.
Pourquoi sortir de ma zone de confort ? Je lis beaucoup de littérature africaine ou afro. Toutefois, force est de constater que certains pays reviennent plus régulièrement dans mes habitudes de lecture : les États-Unis, la France, l’Angleterre, le Sénégal, le Nigéria, etc. Ce sont en général les pays qui ont le plus de visibilité en matière de littérature africaine ou afro. Il m’est donc plus simple de trouver en librairie des livres issus de ces pays, ou de tomber sur des recommandations sur les réseaux sociaux.
✊🏾 Or, la littérature africaine et afro est diverse et riche, et j’aimerais profiter de ce Black History Month pour l’explorer davantage !
Et on commence dès aujourd’hui par l’Angola !
J’ai lu Les Transparents (Os transparentes) d’Ondjaki, publié en 2012.
Ondjaki est un écrivain et un poète angolais né en 1977 à Luanda, capitale de l’Angola. Il est diplômé en sociologie de l’université de Lisbonne et docteur en études africaines. Il a reçu de nombreux prix internationaux pour son œuvre, dont le Prix Littérature-Monde Étranger pour son roman Les Transparents.
Les Transparents s’ouvresur un incendie dans un ancien immeuble du centre de Luanda. Sans aucune indication temporelle, le récit remonte ensuite dans le temps et nous plonge dans le quotidien des habitants de cet immeuble de sept étages, aux surnoms tous plus curieux les uns que les autres.
Il y a Odonato qui a cessé de manger pour laisser la nourriture à ses enfants. Il y a Amarelinha sa fille, la brodeuse de perles, qu’aimerait approcher le jeune MarchandDeCoquillages, toujours accompagné du bruit de son sac de marchandises et de l’Aveugle qui le suit. Il y a MariaComForça, qui vend du poisson grillé, et son mari le débrouillard qui monte une salle de cinéma sur le toit de l’immeuble. Le Facteur qui distribue ses lettres de protestation et réclame une mobylette à tous les représentants d’une autorité quelconque. Et Paizinho, le jeune garçon qui cherche à la télévision sa mère dont il a été séparé par la guerre. Ainsi que plein d’autres personnages.
А̀ travers l’histoire de ces protagonistes, Ondjaki dresse, avec une plume poétique et un ton satirique, une critique de la société. Il nous parle et dénonce la pauvreté, la faim, les inégalités sociales, la corruption, la privatisation de l’eau et du pétrole, … Le roman est également parsemé de métaphores, imprégnées de réalisme magique. Le titre du roman en est une lui-même. Ce sont les pauvres qui deviennent transparents, c’est-à-dire invisibles, dans la société.
Mon avis
J’ai trouvé cette lecture très intéressante et intrigante. Elle n’est pourtant pas évidente. Il n’y a pas de majuscules, ni de points et pas vraiment de chapitres sur les 400 pages. Les personnages sont nombreux. Cela demande donc beaucoup d’attention mais en l’occurrence, cela participe à la beauté du roman.
L’absence de majuscules et de points donne par exemple l’impression que les différentes scènes du roman sont liées. On passe d’une scène à l’autre sans transition, ce qui peut être perturbant mais je dois avouer que j’ai été séduite par ce style.
J’ai aussi beaucoup apprécié les métaphores fantastiques, qui sont poétiques et font la force de cette critique sociale.
Enfin, je suis contente d’avoir découvert quelques pans de la culture angolaise et de la ville de Luanda. Le roman comporte beaucoup de dialogues (qui donnent d’ailleurs du rythme au récit !), durant lesquels on apprend des expressions populaires angolaises.
Pour finir sur une touche négative, je suis un peu restée sur ma faim concernant la fin du livre (sans vouloir vous spoiler) mais heureusement, cela n’a pas gâché ma lecture positive.
Avez-vous d’autres livres angolais à me recommander ?


Une réponse à “Black History Month – Je sors de ma zone de confort : Les Transparents d’Ondjaki”
[…] Tu peux retrouver la chronique de la première semaine ici. […]
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