Cette année, la journée nationale des mémoires de l’esclavage coïncide avec les 25 ans de la loi Taubira, par laquelle la France devient le premier pays au monde à reconnaître la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.
À cette occasion, j’ai regardé le documentaire Christina Taubira, une loi pour mémoire de France Télévisions. J’ai été très émue en le visionnant. Le documentaire retrace le combat à la fois intime et politique qu’a mené Christiane Taubira, alors députée de Guyane, pour porter et faire adopter cette loi. Il met aussi en lumière l’intérêt et la dimension symbolique de la loi. Enfin, le documentaire revient sur la notion de « réparation », qui est indissociable de la reconnaissance d’un crime contre l’humanité.
C’est cette partie du documentaire, qui aurait d’ailleurs pu être plus développée, qui m’intéresse particulièrement. Il y a en effet un réel paradoxe entre la reconnaissance de ce crime contre l’humanité et le refus de la France à vouloir parler des questions raciales. Comme l’explique très bien la journaliste Rokhaya Diallo dans le documentaire, reconnaître le dommage implique d’atténuer les effets de l’esclavage, notamment en luttant contre les inégalités raciales. C’est aussi soutenir la recherche sur la traite et l’esclavage, et célébrer les résistances à l’esclavage.
La question de la réparation fait écho à ma dernière lecture, Quotas raciaux. Pour une égalité raciale, de Livia Sant’Anna Vaz, dont je vous parlerai plus en détail prochainement. S’appuyant sur l’exemple du Brésil, qui a mis en place des quotas sociaux et raciaux à grande échelle depuis le début des années 2010, ce livre invite à penser les quotas comme des outils de justice, de réparation et de réelle démocratie, et comme un levier de transformation des sociétés.

